Les 200 mops : une course à l’obsolescence ?
La nouvelle se veut surprenante, voire déconcertante. Un constructeur chinois, resté pour l’instant anonyme, testerait un système de triple caméra réunissant trois capteurs de 200 MoPS. Parmi eux, un capteur ultra grand-angle de 1/1.56", une idée que l’on pourrait qualifier de pire dans l’histoire de l’innovation photo mobile. Cette démarche soulève une question fondamentale : pourquoi cette obsession démesurée pour les mégapixels, au point de compromettre la qualité globale de l'image ?
Des mégapixels, un combat qui s'éternise
Depuis des décennies, les fabricants de smartphones multiplient les promesses de photos toujours plus détaillées. Mais l’idée que plus de mégapixels équivalent automatiquement à de meilleures images est un mythe tenace. Pour la plupart des utilisateurs, une résolution de 12 MoPS suffit amplement. Une image de cette taille est parfaitement adaptée à tous les écrans modernes et même aux impressions de petite ou moyenne taille. Elle occupe également bien moins d’espace de stockage que ses homologues de 200 MoPS, qui peuvent atteindre 80 MoPS.
Le Galaxy S26 Ultra
, par exemple, arbore un capteur principal de 200 MoPS, mais il produit par défaut des clichés de 12 MoPS. De même, le Xiaomi 17 Ultra donne des résultats de 12,5 MoPS avec son capteur téléobjectif de même résolution. Même l'iPhone 17 Pro, avec son capteur de 48 MoPS, capture des images de 24 MoPS par défaut. Ces constructeurs, et notamment Apple, utilisent une technique appelée « pixel binning », qui consiste à combiner les données de plusieurs pixels pour créer une image de meilleure qualité.Bien sûr, les paramètres avancés de chaque téléphone offrent la possibilité de capturer des photos en résolution complète. Mais le résultat est rarement à la hauteur des attentes. Obtenir une image de qualité sur un capteur de 200 MoPS est difficile, et même si cela réussit, il est peu probable que l'utilisateur en ait réellement besoin. À moins d’être un professionnel exigeant, ces images sont souvent excessives.
L'ultra grand-angle : un champ de bataille inutile
Même les capteurs ultra grand-angle ne sont pas épargnés par cette course aux mégapixels. L’iPhone 17 Pro, par exemple, utilise une seule caméra physique, mais il recorte 12 MoPS de son capteur pour permettre un zoom numérique de 2x. D’autres constructeurs adoptent des stratégies similaires pour offrir des options de zoom supplémentaires à partir de leurs capteurs haute résolution. Ces images, bien que de qualité inférieure à celles obtenues avec l’ensemble du capteur, peuvent être utiles. Cependant, ajouter un capteur ultra grand-angle de 200 MoPS ne résoudra aucun problème et ne fera qu’alimenter cette tendance.
Si une amélioration du zoom numérique est une justification possible pour des capteurs haute résolution, elle est dénuée de sens pour les ultra grand-angle, dont la fonction première est de s'éloigner, pas de se rapprocher. L’objectif des constructeurs devrait être d’améliorer l’optique et le traitement d’image, en réduisant la distorsion et en améliorant la netteté, plutôt que d’augmenter inutilement la résolution.
Avec la hausse des prix des smartphones cette année, les consommateurs seront de plus en plus sélectifs. Un simple ajout d’un capteur de 200 MoPS ne suffit pas à gagner leur confiance. Ce constructeur chinois devra rapidement réaliser que les améliorations doivent justifier le prix.
La question qui se pose est simple : la résolution est-elle vraiment le facteur déterminant de la qualité d'une photo ? Le plus souvent, la taille du capteur et la qualité de l'optique sont bien plus importantes. Il est temps que l'industrie se concentre sur ces aspects fondamentaux, au lieu de se perdre dans une course à l'armement numérique.
Ce qui pourrait revenir, c'est un retour d'expérience et des photos avec une qualité bien supérieure, et non pas seulement avec plus de mégapixels.