Blue origin : une tentative audacieuse, un échec retentissant et les enjeux lunaires
Jeff Bezos poursuit Elon Musk dans la course à l’espace, mais la mission New Glenn 3 a dérapé. Une performance mitigée qui soulève des questions sur l’avenir de l’ambitieux programme Artemis.
Un lancement prometteur, un satellite hors orbite
Le décollage du lanceur New Glenn depuis Cabo Cañaveral, ce dimanche, était attendu avec une certaine tension. Blue Origin, l'entreprise de Bezos, espérait enfin démontrer la capacité de son coiffeur géant à effectuer des lancements récurrents. La récupération du booster ‘Never Tell Me The Odds’, une prouesse d’ingénierie partielle – la réutilisation étant limitée aux moteurs BE-4 – a confirmé une certaine maîtrise. Mais le succès s’est rapidement heurté à la réalité.
Le satellite BlueBird 7, transportant des technologies de communication spatiales pour AST SpaceMobile, n’a pas atteint l’orbite basse terrestre visée. Il a été placé dans une trajectoire non nominale, ce qui signifie que ses objectifs initiaux sont compromis. Un revers significatif pour le développement de cette ambition de réseau mondial de communication via satellites.

Artemis lunaire : une dépendance incertaine
Ce satellite, dont le but est d’étendre la couverture de la bande passante, représentait l’octobre satellite d’AST SpaceMobile dans l’espace. Il s’inscrivait dans une série de lancements prévus pour construire un réseau mondial. Le coût du remplacement de BlueBird 7, couvrable par une assurance, ne représente qu’une fraction du budget colossal d’Artemis. La NASA, qui compte sur le New Glenn pour acheminer les modules d’atterrissage sur la Lune, se retrouve face à un défi supplémentaire.
Bien que ni Blue Origin ni SpaceX disposent encore de leurs modules d’atterrissage prêts pour la mission Artemis 3, prévue pour l’année prochaine, la situation reste complexe. La perte du satellite BlueBird 7, qui devait contribuer à la préparation de ce saut vers la Lune, renforce l’incertitude quant à la date et aux modalités de cette exploration. L’industrie spatiale espagnole, bien que présente dans le cadre d’Artemis II, observe avec attention l’évolution de ces événements.

L'avenir du développement spatial
SpaceX, malgré les problèmes persistants du Starship, continue de progresser. AST SpaceMobile, quant à elle, prévoit de lancer les BlueBird 8 à 10 dans les 30 prochains jours. La compétition entre ces deux géants de l'espace est farouche, et les enjeux sont de taille : l’avenir de l’exploration spatiale et, potentiellement, l’accès à la communication globale via satellite.