Étendu à 2036 : la france cède 400 millions de dollars à l’armée américaine en espagne

Un investissement colossal de 400 millions de dollars vient d’être consenti par les États-Unis à une coalition de sociétés espagnoles pour la modernisation et la maintenance de la base aérienne de Morón, située près de Séville. Ce contrat, s’étendant sur une période de 14 ans, jusqu’en 2036, cristallise les tensions diplomatiques persistantes entre Madrid et Washington concernant l’utilisation de cette plateforme stratégique.

Un enjeu géopolitique majeur

La base de Morón, unique installation militaire américaine en Espagne, représente un point névralgique pour les opérations de l’armée américaine au sud-ouest de l’Europe. Malgré les désaccords politiques, les États-Unis insistent sur la nécessité cruciale de maintenir cette présence, en raison de sa position géographique privilégiée, à proximité du Maroc et de l’Afrique du Nord. Sa superficie de 1 400 hectares, couverte par un périmètre de 22 kilomètres, abrite une infrastructure impressionnante, regroupant plus de 3 000 militaires et un effectif civil conséquent.

La voix du pilote : « une alerte constante »

La voix du pilote : « une alerte constante »

Comme le souligne le Capitaine Naranjo, pilote de chasse de l’Ala 12, « Sur la péninsule ibérique, une unité d’Eurofighters et d’F-18 est toujours en alerte. La situation régionale exige une vigilance permanente. » L’histoire de Morón remonte à 1940, avec la création de l’Aeródromo Militar Vázquez Sagastizábal, qui évolua rapidement vers une école d’aviation jusqu’en 1956.

Un partenariat historique, une coopération renforcée

Un partenariat historique, une coopération renforcée

Les accords de coopération entre les États-Unis et l’Espagne, signés en 1953, ont permis le déploiement de diverses installations militaires américaines sur le territoire espagnol. Morón, ainsi que Zaragoza et Torrejón, furent parmi les principales bases de l’armée de l’air américaine. Cette base, essentielle pour les États-Unis et l’Europe, s’est illustrée dans des opérations de surveillance de l’espace aérien, des interventions rapides en Afrique et des missions de sauvetage en situation de crise, au sein même du cadre de l'OTAN. Le transfert de la Force de Réaction du Corps de Marines américain, basé à Morón jusqu'en 2022, vers l’Italie témoigne de l'adaptabilité de cette infrastructure.

Des capacités opérationnelles variées

Des capacités opérationnelles variées

La base héberge des avions de combat, des bombardiers et des avions ravitailleurs. L’investissement actuel de 400 millions de dollars vise à consolider ces capacités, permettant aux forces américaines de projeter leur puissance vers l'Afrique et le Moyen-Orient. Elle a notamment servi de point de transit pour les vols du transbordeur spatial, jusqu’à sa mise hors service en 2011.

La souveraineté espagnole respectée

La souveraineté espagnole respectée

Bien que la base soit officiellement espagnole, elle est gérée en collaboration avec les États-Unis dans le cadre d’un accord de coopération. Cet accord, régulièrement renouvelé, stipule que toute opération susceptible de dépasser les objectifs bilatéraux nécessite l’autorisation préalable du gouvernement espagnol. Un protocole de 2015 a renforcé cette surveillance, garantissant que toute mission à destination d’un troisième pays doit obtenir l’accord explicite de Madrid. Le partenariat entre l'Espagne et les États-Unis, ancré dans le traité de 1953, se poursuit, consolidant ainsi la position stratégique de Morón.