technologie

Microsoft teams : la consommation mémoire débridée met le feu aux planches

Les utilisateurs de Microsoft Teams, désormais omniprésent dans le monde professionnel, sont confrontés à un problème de taille : l'application engloutit des quantités astronomiques de mémoire vive (RAM), au point de rendre certains ordinateurs, en particulier les plus anciens, inutilisables. Après des années de plaintes, le géant de Redmond a fini par admettre l'évidence, révélant une situation embarrassante qui met en péril la productivité de nombreuses entreprises.

Un retournement de situation après des exigences matérielles excessives

Un retournement de situation après des exigences matérielles excessives

L'histoire est digne d'un feuilleton. En 2024, Microsoft avait tenté d'imposer un nouveau standard en exigeant un minimum de 16 Go de RAM pour les PC compatibles avec Copilot+. Une initiative qui s'est rapidement heurtée à la réalité du terrain. Les entreprises, nombreuses à disposer de parcs informatiques vieillissants, ont vu leurs coûts exploser et la frustration monter.

Aujourd'hui, Microsoft semble avoir compris sa leçon. Le développement d'un nouveau mode, baptisé « Mode efficacité », est en cours, et son déploiement est désormais prévu pour juin 2026. L'objectif ? Adapter l'application aux configurations existantes, plutôt que d'imposer un renouvellement massif du matériel.

Le problème de fond, hérité du web, est plus profond. La plupart des applications Windows, y compris Teams, sont construites sur des technologies héritées des pages web, connues pour leur consommation excessive de ressources. Discord, par exemple, peut utiliser jusqu'à 4 Go de RAM, tandis que WhatsApp n'hésite pas à en dévorer 1 Go, même au repos. Microsoft Teams, basé sur le système WebView2, n'échappe pas à la règle, consommant aisément 1 Go de RAM dès l'ouverture de quelques chats.

L'annonce du « Mode efficacité » a été précédée d'une autre volte-face. En mai 2026, Microsoft avait publié un document de support technique recommandant, non sans provoquer l'indignation de la communauté, pas moins de 32 Go de RAM pour jouer sur Windows 11. Suite à un tollé général, ce guide a été rapidement retiré, illustrant la difficulté pour le groupe de concilier les exigences croissantes des applications, notamment celles liées à l'intelligence artificielle, avec la réalité budgétaire des utilisateurs.

Microsoft semble donc, à contrecœur, reconnaître que les 16 Go de RAM, longtemps considérés comme le standard minimum, commencent sérieusement à poser problème. Cette fois-ci, ce sont les exigences de Microsoft qui s'adaptent, et non l'inverse. La société devra démontrer qu'elle est à l'écoute de ses utilisateurs et capable de proposer des solutions durables pour optimiser la consommation des ressources, sinon le « Mode efficacité » risque de ne n'être qu'une solution de fortune face à un problème de fond.