Productivité : christopher pissarides dénonce la fin d'une ère
L’économiste de renommée mondiale, Christopher Pissarides, a récemment ébranlé les espoirs d’une renaissance de la productivité dans les économies occidentales, grâce à l’intelligence artificielle. Une interview explosive avec Bloomberg News révèle une vision profondément pessimiste.
Un constat lucide : l’ia ne redonnera pas le pouvoir à la croissance
Selon Pissarides, malgré les investissements massifs de Nvidia et OpenAI, notamment via les déclarations de Jensen Huang et Sam Altman, il n’existe aucune preuve tangible d’un réel gain de productivité induit par l’IA. Il juge ces affirmations comme « peu encourageantes ». Le professeur de la London School of Economics enfonce le clou : un nombre considérable d’emplois, comme ceux du secteur britannique, restent à l’abri de l’automatisation, et ne bénéficieront donc pas de cette promesse de hausse de la productivité.
Pissarides, figure de proue dans l'analyse des marchés du travail, a déjà transformé notre compréhension du fonctionnement de ces derniers. Il est clair que les promesses d'un nouvel âge d'or de la productivité, comparable aux années 80 et 90, sont désormais reléguées au rang de mythe. Il est même question de resigner à la fin de cette dynamique.

La réalité derrière les discours technologiques
La situation en Irlande, où les perturbations liées à l’IA se font déjà sentir, illustre parfaitement cette réalité. « Il est simplement non pratique de parler d'une forte croissance de la productivité », a-t-il déclaré. La perspective d’un véritable levier de croissance, basé sur l'IA, semble, pour le moment, illusoire. Pissarides insiste sur le fait que des hausses de productivité massives seraient nécessaires, principalement dans des secteurs comme la finance.
OpenAI, par le biais d'un employé, admet même une limitation fondamentale de l'IA actuelle : « Il faut reconnaître le mérite du cerveau humain. » Cette humble reconnaissance, loin des discours pompeux, souligne la complexité des tâches qui échappent encore à l'intelligence artificielle. La question n'est plus de savoir si l'IA va révolutionner le monde du travail, mais plutôt de savoir comment s’adapter à un paysage économique en mutation, où la productivité ne repartira peut-être pas comme avant. L’optimisme ambiant autour de l'IA doit donc être tempéré par un regard critique et réaliste.