Revolut ralentit son ambitions, la bourse attendue en 2028
Nik Storonsky, le PD de Revolut, a repoussé indéfiniment toute perspective d’introduction en bourse, fixant désormais un horizon 2028 minimum. Une décision qui assombrit l’un des dossiers financiers les plus flamboyants de l’Europe.
Un décalage inattendu
L’ex-docteur en informatique, dont l’analyse de données massives l’a conduit à une obsession pour le numérique, a déclaré, lors d’une interview avec David Rubenstein, que la confiance, pierre angulaire d’une banque, justifiait ce délai. Les entreprises cotées en bourse, selon lui, bénéficient d’une légitimité et d’une crédibilité supérieures à celles des structures privées. Une position pragmatique, compte tenu de l’environnement réglementaire toujours aussi complexe.
Bloomberg souligne que cette annonce met fin aux spéculations sur une possible IPO avant la fin de l’année. Revolut, soutenu par Nvidia et Coatue Management, a déjà réalisé plusieurs ventes secondaires d’actions, générant une liquidité bienvenue pour ses premiers investisseurs et ses employés. Ces opérations, fréquentes tous les un ou deux ans, ont permis à la fintech de maintenir son statut de société privée et, par conséquent, d’augmenter sa valorisation, qui atteignait 75 milliards de dollars lors de la dernière transaction, contre 45 milliards en 2022.

L’expansion internationale, une priorité
Cette valorisation record alimente l’ambition de Revolut d’étendre son réseau international. La société s’est activement engagée dans la procédure d’obtention d’une licence bancaire aux États-Unis et a nommé Cetin Duransoy, ancien cadre de Visa, à la tête de cette opération stratégique. Malgré une présence depuis 2020, Revolut opère via des partenariats avec des banques établies, facilitant ainsi son accès au marché américain. Si la demande initiale de licence en 2021 avait été suspendue au profit de l’obtention de l’approbation réglementaire au Royaume-Uni – obtenue en mars – Storonsky estime que l’obtention de cette licence américaine pourrait prendre jusqu’à un an. Un délai qui semble, paradoxalement, se raccourcir grâce à la nouvelle administration américaine et aux licences bancaires déjà acquises, notamment au Royaume-Uni. Il évoque même une simplification administrative notable comparée à deux ans auparavant, une affirmation qui mérite d’être examinée de près.
“Je dois absolument porter un costume”, a-t-il déclaré en référence à une rencontre avec des régulateurs au Fonds Monétaire International à Washington. Une anecdote, certes, mais qui illustre la rigueur des exigences rencontrées dans le secteur bancaire. L'obtention de la licence américaine, qui ouvrirait la voie à l'accès direct aux systèmes de paiement de la Réserve fédérale et à l’offre de prêts personnels et de cartes de crédit, reste donc un objectif lointain, bien que Storonsky évoque un délai officiel de quatre mois. La valorisation actuelle de la société suggère une confiance résolue dans son potentiel de croissance.