Taylor swift, une offensive juridique contre l'ia

La pop star Taylor Swift a lancé une bataille sans précédent contre l'intelligence artificielle, invoquant Matthew McConaughey en la matière. Un geste audacieux et révélateur d'une inquiétude grandissante dans l'industrie.

Une protection de la voix et de l'image face à la dématérialisation

Via sa société TAS Rights Management, Swift a déposé trois demandes de protection de ses droits d'auteur. Deux d'entre elles concernent des extraits audio de sa voix – « Hello, I’m Taylor Swift » et «’Hello, I’m Taylor’ » – tandis que la troisième est une photographie emblématique de la tournée « The Eras Tour». Une stratégie inédite, inspirée par les démarches de McConaughey, visant à contrôler l'utilisation de son image et de sa voix par les systèmes d'IA.

L'artiste a déjà été victime d'abus de son image par l'IA, notamment des créations pornographiques diffusées sur les réseaux sociaux. La récente utilisation de son image par Donald Trump lors de sa campagne présidentielle a exacerbé la situation, soulignant la nécessité d'agir rapidement.

Josh Gerben, avocat spécialisé en propriété intellectuelle, souligne que ces demandes témoignent de la peur grandissante de l'industrie musicale face à la menace posée par l'IA. « En théorie, si une IA était poursuivie pour utilisation de la voix de Swift, celle-ci pourrait invoquer des droits de propriété intellectuelle », explique-t-il. « La protection de l'image, en particulier, est un levier puissant, allant jusqu'à la capture du body irisé et des bottes argentées qui la caractérisent. »

Les tribunaux seront-ils à la hauteur ?

Les tribunaux seront-ils à la hauteur ?

Bien que l'efficacité de ces stratégies face à l'IA reste à prouver en justice, elles marquent une nouvelle étape dans la lutte pour la protection de la propriété intellectuelle. Disney a déjà pris des mesures similaires contre Google, en contestant l'utilisation de ses personnages par l'IA Gemini. Les récentes actions de Swift et McConaughey pourraient inspirer d'autres artistes et redéfinir les contours de la législation en matière de propriété intellectuelle à l’ère numérique. L'enjeu est désormais de savoir si les lois existantes, basées sur des concepts d'image et de son, seront adaptées pour faire face à la complexité des technologies d'IA. La bataille ne fait que commencer, et les prochaines années pourraient bien déterminer l'avenir du contrôle artistique face à l'omniprésence de l'intelligence artificielle.