Windows 95: le secret oublié face à la complexité de windows 11
L'ascension de Windows 95, une anomalie fascinante. On a tendance à oublier la distance parcourue entre ce système d'exploitation rudimentaire et la sophistication d'Windows 11. Un fossé, certes, mais pavé de décisions audacieuses et de solutions, à l'époque, ingénieuses.
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L'étrange méthode de détection des installateurs
Autrefois, l'identification des fichiers était une affaire délicate. Pas de simple nom de fichier, non. Windows 95 s'appuyait sur un système de « mots-clés » : une liste exhaustive de termes à comparer au nom de l'exécutable. Si une correspondance était trouvée – « setup », « install », « inst » – le système déclenchait une protection automatique. Des termes comme « imposta », « ayarlara » ou « felrak » (italien, turc et hongrois) ajoutaient une couche de complexité, témoignant d'une tentative de s'adapter à un marché mondial en pleine expansion.
nRaymond Chen, l'ingénieur de Microsoft, a récemment mis en lumière cette stratégie inhabituelle sur son blog, The Old New Thing. Il explique que la présence simultanée de « install » et « inst » était considérée comme redondante, mais l'algorithme laissait passer ces fichiers. Cependant, si aucune correspondance n'était trouvée, le système passait à une seconde phase d'analyse, cherchant la présence de « Setup ».
nCette approche, loin d'être intuitive aujourd'hui, était essentielle en raison des problèmes persistants liés aux installateurs. À l'époque, les installateurs étaient perçus comme des vecteurs de bugs et d'instabilité. Leurs exécutions pouvaient entraîner des erreurs, impactant négativement l'expérience utilisateur. Microsoft cherchait donc à anticiper ces problèmes en mettant en place une sorte de filtre de sécurité.
nIl est crucial de comprendre que cette méthode ne s'apparentait pas à l'identification par nom d'exécutable que l'on retrouve dans Windows 10 ou Windows 11. Les installateurs de l'époque étaient souvent des versions obsolètes de logiciels conçus pour Windows 3.1, ce qui augmentait considérablement le risque d'erreurs. Pour y remédier, Microsoft a dû recourir à des stratégies de sauvegarde des fichiers critiques, stockés dans un répertoire caché, C:WindowsSYSBCKUP.
nLa complexité s'accentuait avec les vérifications effectuées après un redémarrage, car certains installateurs utilisaient temporairement MS-DOS pour remplacer des fichiers bloqués pendant le chargement de Windows. C'est pourquoi, avec Windows 2000, Microsoft a finalement abandonné cette méthode, au profit du Windows File Protection, une solution plus performante.
nL'héritage de cette approche rudimentaire est frappant. Elle a permis de minimiser les problèmes liés aux installateurs et a jeté les bases du System File Protection, présent dans Windows ME et Windows Vista, ainsi que de l'outil sfc /scannow, toujours utilisé dans Windows 11. Microsoft a ainsi réussi à transformer une solution, autrefois perçue comme surdimensionnée, en un pilier essentiel de la stabilité du système d'exploitation.